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QUI OSE GAGNE

Dans la mémoire collective, l’opération Overlord est bien l’opération « suprême » de la Seconde Guerre mondiale. Overlord écrase effectivement Jubilee (Dieppe), Torch (Maroc et Algérie), Husky(Sicile), Iceberg (Okinawa), Detachment (Iwo Jima).
Il faut reconnaître que les chiffres sont éloquents et témoignent des moyens déployés pour que le débarquement en Normandie soit un succès tant sur le plan tactique que logistique : 6 900 navires dont 4 100 barges de débarquement, 11 500 avions dont 2 400 (et 870 planeurs) pour les largages de parachutistes, près de 160 000 hommes !
Tout aussi « suprême » que soit le Débarquement du 6 juin 1944, il ne peut occulter d’autres opérations amphibies tout aussi cruciales et qui ont contribué à la victoire tant en Europe que dans le Pacifique.
Le 8 novembre, les forces US et britanniques ont débarqué en 5 points, loin de toute base arrière. (Photo : US Navy)
Prenons l’exemple de l’opération Torch (photo ci-dessus) qui a permis aux Alliés de prendre pied en Afrique du Nord. Le 8 novembre 1942, une armada partie de la Grande-Bretagne et des États-Unis a rassemblé 850 navires dont 350 bâtiments militaires devant les côtes du Maroc et de l’Algérie.
107 000 combattants américains et britanniques ont été impliqués dans ce débarquement qui a permis d’ouvrir un second front. Le succès logistique est notable puisque la force de débarquement a parcouru de très longues distances en Manche et dans l’Atlantique et que les troupes terrestres n’ont pu compter que sur le ravitaillement et les munitions embarqués.
Des troupes écossaises sur une plage de Sicile. (Photo : DR)
L’opération Husky, lancée le 10 juillet 1943, a permis la reconquête de la Sicile. C’est un moment crucial dans le déroulement de la Seconde Guerre mondiale. L’opération a rassemblé 160 000 hommes, 4 000 avions, 3 200 navires dont 1 800 péniches de débarquement…
Le débarquement de Provence n’est pas secondaire en termes stratégiques mais les chiffres de son homologue normand l’écrasent. (Photo : ECPAD)
Le débarquement en Provence, le 15 août 1944, ne doit pas, non plus, être ignoré. Mais l’opération Anvil Dragoon est souvent passée à la trappe chez les historiens, les cinéastes et les hommes politiques. 50 000 soldats ont ouvert un second front sur le territoire français ; ils étaient appuyés par 1 900 avions. La flotte alliée rassemblait 2 280 navires dont 500 bâtiments de combat et 1 370 barges et péniches de débarquement.
Et dans le Pacifique ?
Pour débusquer les Japonais des îles du Pacifique, les Américains ont lancé de multiples opérations aéronavales dont une douzaine d’opérations amphibies qui se sont avérées extrêmement coûteuses en vies humaines. Ces opérations, il faut le noter, se sont déroulées à des distances considérables des bases de ravitaillement, à la différence d’Overlord qui a bénéficié de la présence de la Grande-Bretagne, de l’autre côté de la Manche.
L’effet de surprise a joué et permis aux US Marines de débarquer sans rencontrer trop de résistance. (Photo : US Navy)
La première de ces opérations a eu lieu en août 1942 à Guadalcanal, située au sud de l’archipel des îles Salomon. Capturée par les Japonais en juillet 1942, Guadalcanal a été reprise par 19 000 US marines soutenus par 75 navires de guerre. La résistance japonaise a obligé les Américains à engager 60 000 hommes au total.
La victoire à Guadalcanal a constitué le premier signe d’espoir pour les Américains puisque la guerre dans le Pacifique avait jusqu’alors tourné à l’avantage des Japonais.
80 000 Marines ont pris part au débarquement sur l’île de Saipan. (Photo : US Navy)
L’opération Forager, en juin 1944, s’inscrit dans la reconquête des îles Mariannes. 130 000 hommes appuyés par 800 navires ont pris part à la manœuvre amphibie visant à reconquérir Saipan, la plus grande des îles des Mariannes.
Deux autres opérations amphibies méritent d’être signalées.
La prise d’Iwo Jima est considérée comme l’une des pires bataille de la Seconde Guerre mondiale dans le Pacifique. (Photo : US Navy)
La première a permis la prise de l’île d’Iwo Jima, un caillou de 21 km² qui a été pris d’assaut par 70 000 hommes soutenus par 450 navires. Face à eux : 22 000 Japonais dont près de 21 000 périront. 7 300 Américains seront tués.
La prise d’Okinawa constituait la première étape de l’invasion du Japon. (Photo : USMC)
La seconde a eu lieu en avril 1945 sur l’île d’Okinawa. 1 300 navires ont permis à une force de 183 000 hommes (8 divisions d’infanterie) de conquérir cette île située à un millier de kilomètres du Japon. Plus de 100 000 Japonais y furent tués, contre 8 500 militaires US. L’acharnement des défenseurs a convaincu Washington que le prix d’une invasion du Japon allait s’avérer trop lourd. L’option nucléaire, déjà sur la table, allait être confirmée.




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