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8 mai 1902 : Saint-Pierre, 120 ans après


8 mai 1902 : Saint-Pierre, 118 ans après
La ville de Saint-Pierre.

120 ans après l'éruption de la Montagne Pelée, le souvenir de la catastrophe et des 30 000 victimes reste vivace dans la mémoire des Pierrotins. 

En janvier 1792, la montagne se révélait par un violent tremblement de terre accompagné d’une forte odeur de soufre. Des arbres étaient calcinés, des animaux et des oiseaux étaient tués dans un périmètre bien défini. En août 1851, le volcan se manifestait à nouveau, par plusieurs secousses sismiques, et répandait une fine couche de cendres sur les communes de Saint-Pierre, Morne Rouge et Carbet. D’autres signes avant-coureurs d’une catastrophe se produisirent en 1889, 1900, 1901, mais la ville continuait à vivre de son rythme. A partir de février 1902, on commençait seulement à se rendre compte qu’il y avait quelque chose de différent par rapport aux autres années. Les jours suivants étaient ponctués de phénomènes de plus en plus violents et inquiétants, jusqu’à semer l’effroi dans la population. Le 5 mai, des contemporains racontent : « Vers 13 heures un torrent de boue brûlante s’échappe de l’Etang Sec, dévale le long des pentes de la montagne Pelée, emporte une partie de l’usine Isnard préalablement évacuée et l’usine Guérin en bord de mer à l’embouchure de la rivière Blanche, et tua une trentaine de personne dont M. Guérin fils et son épouse.
Le gouverneur donne la consigne de rester sur place
La commission d’observation, s’appuyant en partie sur cet incident violent, concluait que les sept rivières qui descendent de la montagne pourraient contenir les caprices du volcan. Mais la population commençait à abandonner les zones dites à risque, comme Fond Coré. Dans la baie, le « yacht » à vapeur de la compagnie Girard est à sec, la mer s’est retirée, puis revient en force vers la ville, il faut fuir sur les hauteurs. Malgré tous ces phénomènes violents et méconnus, la vie économique et politique allait continuer. Le second tour des élections législatives devait se tenir le 11 mai. Louis Percin, dit de droite, affrontait Fernand Clerc de gauche. Le gouverneur Moutet vient sur place soutenir la majorité de la commission d’observation qui déconseillait l’évacuation de la ville face à l’avis contraire de deux membres de cette commission.

30 000 victimes ce jour-là. -

Après les fureurs de la montagne et les violents orages de la nuit du 7 au 8 mai, les habitants se réveillaient avec un ciel clair, le volcan semblait calme, quand une ruine soudaine s’abattait sur la fière citée. Vents, nuée noire, raz de marée, pluie de lapilli, tremblements de terre rasaient l’orgueilleuse ville en quelques minutes confondant dans la mort, les classes, les races, les animaux du ciel et de la terre. 30 0000 âmes périrent ce jour-là.
Ils échappent par miracle à la mort
Le 8 mai 1902, Bérèse, qui habite au Mouillage avec Gérôme, se lève très tôt pour préparer le repas de midi. Elle est en train de roussir de la viande. Eu égard aux évènements effrayants des jours d’avant, elle n’a qu’une idée, il faut quitter rapidement Saint-Pierre, mais Gérôme y est farouchement opposé. Elle a déjà préparé son baluchon avec ses papiers et quelques linges dans la perspective de s’enfuir au plus vite. La viande brûle, Gérôme s’énerve, elle y ajoute un peu d’eau, rentre dans la chambre, enjambe la fenêtre et s’enfuit en courant, arrive à contourner les gendarmes chargés de contenir les habitants dans la ville à cause du vote. Arrivée à Case-Pilote, la terre tremble avec un grand bruit, Bérèse se retourne et voit cette fumée noire s’élever sur la ville de Saint-Pierre, s’assoie par terre en pleurant et s’exclame « Gérôme mô ». En désespoir, elle reprend la route à pied vers Rivière-Salée afin de prendre le yack pour Rivière-Pilote.

La ville de Saint-Pierre n’est que ruine et désolation. -

Cyparis, prisonnier turbulent, survit à ce cataclysme dans sa solide prison. Léon Compère, cordonnier qui habitait au pied du Morne Abel, se réfugie dans sa chambre, il voit arriver la famille Delavaud remplie de terreur dans sa maison. Léon Compère est le seul survivant dans cette maison. Brûlé, il s’enfuit par la route de Trouvaillant pour se réfugier à Fonds Saint-Denis, puis est conduit à l’hôpital à Fort-de-France.



Le Mémorial de la catastrophe de 1902 / Musée Frank A. Perret. -

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