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ATTENTION SARGASSE çA AGASSE





ACTUALITÉ

Des scientifiques avancent sur l’origine des sargasses, cette algue qui envahit les Antilles


Cauchemar des Antilles, les sargasses, ces algues qui envahissent les plages de la mer des Caraïbes, trouveraient leur origine dans la déforestation de l’Amazonie. Ce sont les conclusions d’une étude menée par des chercheurs américains.!...
Palmiers, sable fin, mer turquoise… Depuis quelques années, le paysage de carte postale des Antilles est entaché par l’arrivée d’invités plus qu’envahissants : les sargasses. Une algue qui fait mal au tourisme local, couvrant le blanc des plages d’une épaisse couche brunâtre à perte de vue.
Vue aérienne d'un banc échoué de sargasses
Inesthétique, la plante, décrite par Christophe Colomb dès de XVe siècle, dégage également une odeur nauséabonde et toxique, l’hydrogène sulfuré, pouvant provoquer maux de tête, nausées et vomissements. Une prolifération extrême inexpliquée, stressante pour l’économie locale. De grosses sommes sont investies pour débarrasser les plages de ces maudites algues.
Les sargasses ont connu un développement exponentiel dans l’océan Atlantique, depuis 2011. (Photo : USF College of Marine Science)
Un continent végétal reliant l’Amérique à l’Afrique
Pour comprendre les raisons de cette soudaine invasion, des chercheurs américains, réunis autour de l’Université de Floride du Sud, ont mené des investigations. Sur le site de l’université américaine, l’équipe, emmenée par Mengqiu Wang, chercheur au sein de l’Optical Oceanography Laboratory, explique avoir étudié de nombreuses données satellitaires de la Nasa recueillies depuis l’année 2000.
D’après ses recherches, en 2018, l’algue aurait battu tous les records de prolifération, donnant naissance à un continent végétal à part entière, reliant les côtes d’Afrique de l’Ouest au golfe du Mexique. « Il pesait plus de vingt millions de tonnes, soit aussi lourd que deux cents porte-avions », explique Mengqiu Wang.
L’équipe de chercheurs a par ailleurs ciblé 2011 comme année de bascule de la prolifération des sargasses, envahissant des zones jusqu’alors inoccupées. « Comme beaucoup d’autres espèces, les sargasses se développent facilement par reproduction végétative. C’est-à-dire que, dès qu’un fragment d’algue est détaché, il peut potentiellement recréer un autre individu »,explique Sandrine Derrien, chercheuse au Muséum national dhistoire naturelle, basée à la station marine de Concarneau (Finistère).
La prolifération des algues présente une vraie problématique pour le tourisme local. (Photo : Olivier Clerc/Ouest-France)
Les chercheurs ont ciblé 2011 comme année bascule de la prolifération des sargasses . (Photo : Olivier Clerc / Ouest-France)
Un phénomène similaire aux marées vertes
En mêlant leurs données avec celles de la consommation d’engrais au Brésil, du déboisement en Amazonie et de la composition de l’eau rejetée par le fleuve Amazone, les scientifiques expliquent avoir trouvé une des raisons de l’apparition de ces sargasses : la déforestation de la forêt amazonienne, alliée au développement de l’agriculture intensive.
Selon leurs observations, qui doivent encore être affinées, l’activité agricole et ses nutriments, tel que l’azote, auraient favorisé la prolifération de la plante aquatique. Un phénomène que l’on peut mettre en parallèle avec celui des marées vertes observées en Bretagne.
« Algues vertes ou sargasses, ces espèces profitent de l’opportunité d’une niche écologique, note la chercheuse, spécialiste de l’étude des algues et éponges. En France il y a aussi eu une prolifération de sargasses il y a quelques décennies sur la façade Manche Atlantique. C’est souvent le comportement des espèces introduites dans un nouveau milieu qui trouvent un environnement, un espace favorable. Elles se développent au départ de manière exponentielle, mais ensuite, elles présentent souvent une régression et deviennent plus discrètes. »
Mais pour Chuanmin Hu, professeur au collège des Sciences de la mer de l’université de Floride du Sud, « elles ne sont certainement pas prêtes de s’en aller ». Le chercheur explique même avoir observé une prolifération encore plus dense de sargasses depuis le début de l’année.
L'île de Saint-Martin dans la mer des Caraïbes envahie par les sargasses. (Photo : Olivier Clerc / Ouest-France)
Une étude à prendre au sérieux ?
« Ce sont des spécialistes incontestés du sujet, souligne Thomas Changeux, directeur adjoint de l’Institut méditerranéen d’océanologie et ingénieur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement. Cette hypothèse a été pour la première fois avancée en 2017 par un groupe de chercheurs du Brésil, de Côte d’Ivoire et de France. Mais c’est la première fois qu’un tel travail d’imagerie rétrospective à large échelle, de l’Afrique aux États-Unis, est publié. »
Dans leur étude, le collectif de chercheurs avance par ailleurs le rôle que pourrait jouer l’upwelling africain des îles Canaries – remontée d’eaux profondes enrichies en nutriments – dans la prolifération des sargasses.
« D’un côté, on aurait l’Amazone qui enrichit en engrais, et de l’autre côté, l’upwelling africain. C’est une des corrélations avancées, mais cela reste une hypothèse qu’il faut approfondir avec des données plus précises. L’activité humaine peut provoquer voire accentuer ces phénomènes, c’est une certitude. Après, il faut savoir où mettre le curseur. Aujourd’hui, le sujet est plus de savoir comment s’organiser pour prévoir et réagir face à l’arrivée de ces marées brunes. »
Valoriser l’algue en engrais, en bio gaz ou en plastique naturel… De nouvelles idées émergent chaque année pour exploiter cette algue envahissante, qui semble avoir posé pour un moment ses valises dans les Caraïbes.










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