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SAUVE QUI PEUT

L’ex-Ecureuil d’Aquitaine II de Lamazou sous voiles entre le Venezuela et la Guadeloupe.



C’est la renaissance d’un voilier de légende. Le premier bateau vainqueur du Vendée Globe, entre les mains de Titouan Lamazou en 1989-1990, a eu plusieurs autres vies avant d’arriver au Venezuela où il est longtemps resté à l’abandon. Grâce à l’investissement d’un nouveau propriétaire et de sa petite équipe, l’ex-Ecureuil d’Aquitaine II a pu être convoyé jusqu’en Guadeloupe en novembre dernier. Le photographe du bord a transmis des images exclusives de cette traversée à Voiles et Voiliers.



Le photographe et vidéaste Tanguy Naux nous a envoyé de belles images du grand retour de l’ex-Ecureuil d’Aquitaine II sur les flots.
TANGUY NAUX

À son bord, Titouan Lamazou a remporté le premier Vendée Globe, en 1989-1990, avant d’enchaîner sur une victoire dans la Route du Rhum en monocoque quelques mois plus tard. L’ex-Ecureuil d’Aquitaine II a ensuite participé à deux autres éditions du Vendée Globe (avec Bertrand de Broc et Hervé Laurent) avant de changer de nombreuses fois de propriétaires puis d’être longtemps laissé à l’abandon sur un terre-plein au Venezuela. Après des recherches actives, il a été retrouvé et racheté par Alexandre Treillard, un notaire des Sables-d’Olonne. S’en sont suivies des péripéties dignes d’un film que nous relaterons en détail (sur 6 pages) dans le prochain numéro de Voiles et Voiliers, qui sortira en kiosques le 20 janvier prochain.

Malgré toutes ces casses, on s’est rendu compte durant les six jours de navigation que le bateau était vrai- ment sympa, il ne demandait qu’à galoper

Alexandre Treillard et son équipage ont quitté le Venezuela à bord d’un voilier qui n’avait pas navigué depuis une quinzaine d’années et était donc en mauvais état. L’électronique a été pillée, le moteur en partie démonté. Voiles, taquets, winchs, poulies, chandeliers, chariots, bouts : tout était fatigué à bord. La traversée vers Pointe-à-Pitre s’annonçait difficile. « Après deux heures de navigation, un winch s’est arraché. Je me suis alors dit qu’on pouvait rencontrer de gros problèmes, j’avais peur que le mât tombe. Dans un grain, le bateau s’est couché et le génois s’est déchiré. À 48 heures de l’arrivée, la barre de liaison des deux safrans s’est cassée, en pleine nuit, explique Alexandre Treillard. On a fini avec la barre franche fixée à l’arrière grâce à un bout. Nous avons ensuite rencontré un souci de moteur, une grosse fuite au niveau de la pompe à eau. Malgré toutes ces casses, on s’est rendu compte durant les six jours de navigation que le bateau était vraiment sympa, il ne demandait qu’à galoper. » Le 25 novembre 2022, le premier bateau vainqueur du Vendée Globe est donc arrivé en Guadeloupe. La prochaine étape est de le convoyer jusqu’aux Sables-d’Olonne, son futur port d’attache. Nous ne manquerons pas de vous raconter la suite de cette renaissance rocambolesque.

Alexandre Treillard a pu récupérer la grand-voile d’un ami. Cette GV a été coupée pour pouvoir être apportée depuis la France en avion. Il a ensuite fallu la recoudre et l’adapter pour qu’elle puisse être utilisée sur l’ancien bateau de Titouan Lamazou. | TANGUY NAUX
Mise en place de la grand-voile au Venezuela. | TANGUY NAUX
L’ex-Ecureuil Aquitaine II dans la marine vénézuélienne. L’équipage se repose avant le grand départ. | TANGUY NAUX
Alexandre Treillard à la barre de son voilier de légende. | TANGUY NAUX
L’équipage navigue avec prudence mais le bateau n’ayant pas navigué depuis bien trop longtemps, les casses vont être nombreuses. | TANGUY NAUX
Sous voiles, quelque part entre le Venezuela et la Guadeloupe. | TANGUY NAUX

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