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ERNEST RENAN

Ernest Renan, l’illustre enfant de Tréguier, a marqué son siècle




Ernest Renan est né le 28 février 1823, à Tréguier (dans les Côtes-d’Armor aujourd’hui). Intellectuel brillant, il a marqué le XIXe siècle de son empreinte. Retour sur un parcours hors du commun.



Dans la maison natale d’Ernest Renan, à Tréguier (Côtes-d’Armor), son bureau du collège de France a été reconstitué, là où il est installé pour ce tableau.
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Ernest Renan naît le 28 février 1823 au sein d’une grande maison d’armateurs, dans le centre de Tréguier. Depuis le dernier étage on aperçoit le port. Mais, derrière ces hauts murs, se cache une situation dramatique. La famille est criblée de dettes. Son père, capitaine au long cours, n’en finit pas d’emprunter pour assouvir ses rêves, tandis qu’il plonge dans l’alcool. Il disparaît le 11 juin 1828.

Son corps est retrouvé sur le rivage d’Erquy, le 1er juillet. Ernest a cinq ans. Sa sœur aînée, Henriette, et sa mère mettent un point d’honneur à éponger les dettes. Certaines parties de la maison sont louées. À Tréguier, Ernest Renan passe une enfance heureuse malgré tout, dans sa chambre, la « mansarde », nichée sous les toits. Il la relatera dans ses Souvenirs d’enfance et de jeunesse. La maison, léguée par les descendants de Renan à l’État, est aujourd’hui devenue un musée, qui lui est dédié.

Le séminaire avant le doute

Le jeune Ernest suit une voie toute tracée, qui doit le mener à la prêtrise. Brillant élève, il se fait remarquer en remportant tous les prix d’excellence. Par l’entremise d’Henriette, il quitte Tréguier pour Paris. Il avait obtenu une bourse, qui devait lui permettre de financer ses études religieuses de ses 15 ans à ses 25 ans, avant qu’il devienne prêtre​, explique Aude Isebe, agent d’accueil au musée Renan. Il entre au séminaire Saint-Nicolas-du-Chardonnet, puis il poursuit à Issy-les-Moulineaux et Saint-Sulpice.

La découverte de la philosophie est pour lui une véritable révélation : il renonce à la vie religieuse. Il a 23 ans et n’a pas de diplôme. ​Il fait une entrée fracassante dans le monde universitaire. Il obtient deux bacs en un an, il enchaîne jusqu’au concours de l’agrégation de philosophie, où il est reçu premier en 1847. ​Cette même année, il obtient le prix Volney, une des principales récompenses décernées par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, pour le manuscrit de son Histoire générale des langues sémitiques.

Vie de Jésus : le scandale

L’intellectuel, qui n’a cessé de travailler sur la religion, entreprend une biographie de Jésus, premier tome de l’Histoire des origines du christianisme. Le livre sort en 1863, et fait scandale, tout comme avait fait scandale sa leçon inaugurale à son entrée au Collège de France, un an plus tôt. Renan y évoque Jésus comme un « homme incomparable ».

Il devient le « blasphémateur européen », selon les propos du pape Pie IX. Il perd son poste, mais gagne une renommée internationale et surtout, une indépendance financière. Son livre est un véritable best-seller, de multiples fois réédité. Selon les recherches effectuées par l’universitaire Jean Balcou, auteur d’Ernest Renan, une biographie, « 146 000 volumes auraient paru en France en dix-huit mois ». Renan retrouvera sa chaire de langues hébraïque, chaldaïque et syriaque en 1870.

La Nation selon Renan

Auteur prolifique, Ernest Renan a laissé un autre texte, qui reste sans doute le plus connu aujourd’hui : Qu’est-ce qu’une nation ? est pour lui sa profession de foi, ce qui touche les choses humaines ». Les mots de cette conférence sont prononcés à la Sorbonne en 1882. Pour Renan, ce qui fait une nation, ce sont deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une […]. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble […] ».

Le retour aux sources

Sur la fin de sa vie, à partir de 1885, Ernest Renan revient régulièrement dans le Trégor. Il réside non pas à Tréguier, mais à la villa Rosmapamon, à Louannec. C’est là qu’il écrit ses dernières œuvres. Devenu administrateur du Collège de France, il quitte le Trégor une dernière fois le 18 septembre 1892, pour mourir « chez lui » au Collège de France. Il s’éteint le 2 octobre 1892, entouré de ses proches.


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