Accéder au contenu principal

Covid-19 en Martinique

 des évacuations sanitaires de la Martinique vers la métropole "prévues ces prochains jours", assure le directeur général adjoint du CHU de Fort-de-France

La Martinique voit aussi monter la 5e vague de Covid-19 avec "une pression hospitalière qui augmente depuis une dizaine de jours", selon Stéphane Berniac. Le contexte social tendu dans les Antilles aggrave la situation


Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour 
 Temps de lecture : 3 min.
Des soignants s'occupent d'un patient atteint du Covid-19 au service de réanimation du CHU Pierre Zobda-Quitman de Fort-de-France, à la Martinique, le 1er décembre 2021. (ALAIN JOCARD / AFP)

"On prévoit des évacuations vers la métropole ces prochains jours", a déclaré sur franceinfo Stéphane Berniac, le directeur général adjoint du CHU de Fort-de-France, en Martinique, alors que l’île voit elle aussi la 5e vague de Covid-19 monter. "La pression hospitalière augmente depuis une dizaine de jours", constate Stéphane Berniac avec des services Covid qui se remplissent.

>> Suivez notre direct sur l'évolution de l'épidémie de Covid-19 en France et dans le monde

Le contexte social tendu en Martinique aggrave la situation. "Nous sommes confrontés à une double crise sanitaire et sociale", explique le directeur général adjoint du CHU de Fort-de-France. Des renforts supplémentaires ont été demandés face au "déficit d’attractivité" de l’établissement, alors que de nombreux soignants de métropole sont déjà sur place.
 
franceinfo : Après une semaine de conflits sociaux, de barrages, le Centre hospitalier universitaire de Fort-de-France est au bord de l'implosion. Que se passe-t-il ?
 
Stéphane Berniac : Nous faisons face depuis une dizaine de jours à une double crise sanitaire et sociale. Une crise sociale qui a conduit à des barrages et qui a empêché nombre de personnels médicaux et non médicaux d'accéder à leur lieu de travail. Ils ont subi des menaces et des violences quelquefois sur ces barrages, et on s'est retrouvé obligé de déclencher le service minimum, de déprogrammer toutes les activités chirurgicales, les consultations et à ne faire que de l'urgence vitale depuis une dizaine de jours.

"Aujourd'hui, la situation s'améliore un peu, on a pu lever ce service minimum, mais dans le même temps, on a une recrudescence du Covid depuis dix jours, avec un flux net ces dernières 48 heures de quasiment 10 patients par jour qui arrivent dans l'établissement."

Stéphane Berniac, CHU de Fort-de-Franc 

à franceinfo

On voit bien que le taux d'incidence a certes baissé la semaine dernière selon les derniers chiffres parce que les gens avaient un peu peur de circuler à cause des barrages mais à notre niveau, la pression hospitalière augmente depuis maintenant une dizaine de jours.
 
Votre chef des urgences interrogé indique que tout a lâché. Vous êtes d'accord avec ce constat ? 
 
Oui, ce constat était circonstanciel puisque nous faisons face à une double crise. Aujourd’hui, on voit que les choses s'améliorent sensiblement sur le front des barrages et on espère que ça va continuer. Mais clairement, à notre niveau, on est face à une vague Covid qu'on voit monter. On essaie de s'adapter et grâce aux renforts qui sont venus de Santé publique France, nous sommes en capacité de tenir quasiment nos 60 lits de réanimation ouverts. Mais c'est vrai que la situation est extrêmement tendue et je comprends les équipes médicales et soignantes qui étaient sont au bord de la rupture ces derniers temps avec cette double crise.
 
Vous avez assez de soignants en renfort ou vous avez encore besoin d’aide ?
 
On a sollicité des renforts supplémentaires parce que l'établissement souffre d'un déficit d’attractivité, compte tenu du contexte actuel et des images qui circulent. On a un taux de rotation assez important, notamment sur les effectifs médicaux.

"On a des départs qui sont annoncés mais les arrivées se font de plus en plus rares, du fait de cette perte d'attractivité récente. Heureusement, on a les renforts qui sont présents au niveau national."

Stéphane Berniac, CHU de Fort-de-Franc 

à franceinfo

On a également un accord pour pouvoir réactiver certaines évacuations sanitaires vers l'Hexagone pour des patients qui sont en réanimation Covid, voire même non Covid, et également pour des patients qui sont en attente d'interventions chirurgicales. On prévoit des évacuations dans les jours à venir. Comme lors de la 4e vague, on aura des évacuations majoritairement vers l'Île-de-France.
 
La vaccination avance un petit peu. Est-ce qu’on est sur la bonne voie ? 
 
On est sur une stagnation du nombre de vaccinés en Martinique. On est sur 40% de la population de plus de 12 ans qui est vaccinée. Sur les soignants, là aussi, on a une stagnation du nombre de soignants vaccinés. Au sein de l’établissement, nous sommes à un peu plus de 50% des professionnels qui sont vaccinés. C'est bien évidemment largement insuffisant, notamment par rapport à cette résurgence du Covid. On en appelle vraiment à la population afin qu'elle respecte strictement les gestes barrières et qu'elle ait conscience que la vaccination fait vraiment partie des outils qui nous permettront de limiter l'impact de cette vague.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

LE NOUVEAU DRAPEAU DE LA MARTINIQUE

Le drapeau aux quatre serpents En Martinique, vous verrez certainement le  drapeau bleu avec une croix blanche délimitant un rectangle bleu surplombé d'un serpent . Il s'agit de l' ancien blason de l'île . Ce drapeau reste non officiel et a été utilisé dès  1766  par la marine marchande. A l'époque le drapeau bleu à croix blanche représentait la royauté. Le serpent en question est le  trigonocéphale endémique de l'île  qui aurait fait de nombreuses victimes parmi les Arawaks, Caraïbes et lors de la colonisation. Mais il était dit à l'époque qu'il avait été  introduit pour terroriser les esclaves et les contraindre à effectuer leur tâches . Le  4 août 1766 , un  décret des représentants de l'État Français en Martinique et à Sainte-Lucie  prévoyait que tous les propriétaires de vaisseaux et goélettes de ces îles arborent ce drapeau : «  Tous les propriétaires de vaisseaux, bâtiments, goélettes et bateaux de la Martinique et de Sainte-Lucie...

TABARLY 1979

Paul Ricard (1979) : en 1975, Éric Tabarly, accompagné par une équipe d'architectes navals et une équipe de la société Dassault , conçoit un trimaran de type foiler (équipé de foils ). Pour ce projet, Éric Tabarly recherche un budget pendant quatre ans. En 1979, il rencontre Paul Ricard qui accepte de le financer. Ce trimaran de 16,50 mètres en aluminium déplaçant 7 tonnes est caractérisé par son bras de liaison unique et profilé qui s'appuie sur deux petits flotteurs, eux-mêmes équipés de foils ( plans porteurs profilés immergés ). Avec ce bateau, Éric Tabarly bat en 1980 le record de traversée de l'Atlantique Nord détenu depuis 1905 par la goélette Atlantic de Charlie Barr , ouvrant ainsi la course aux records de traversées effectuées par les multicoques . https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Tabarly complément trouvé sur voileetmoteur.com Tabarly : la foil histoire du trimaran Paul Ricard Bernard Rubinstein Le 25/02/19 Partager :...