Nous avons rencontré et découvert:
– De très beaux paysages.
Il est un fait que le monde marin, aussi bien dessus que dessous, est grandiose. La mer, déjà par elle-même, est tout un livre en soi. Ses couleurs, son état, son odeur changent constamment et c’est un émerveillement chaque jour.
Je ne vous parle même pas de ce qui est dessous.
Le nombre de fois où je retenais ma respiration pour ne pas déranger ce monde. J’avais peur que la bouffée d’air aspirée fasse disparaître ce moment magique.
Les coraux, les poissons petits et grands, seuls ou en banc, tout un écosystème constamment en mouvement.
Un véritable régal chaque jour.
– Les gens, les personnes, les habitants, les locaux et autres, que de belles rencontres.
Aussi bien les marins de différents pays, où vous passez des heures à expliquer des choses qui ne s’exprimeraient qu’en quelques mots, mais le problème de la langue vous fait prendre du temps, partager des moments et éclater de rire sans réelle raison.
Vous vous rencontrez dans une baie, vous vous retrouvez dans un magasin sur une autre île et vous vous croisez de nouveau dans une autre mer ; un jour, un mois ou une année plus tard.
Que d’instants mémorables !
Vous reprenez vos discussions comme si vous vous étiez quittés la veille, en échangeant les bons et mauvais moments autour d’un apéro.
Tout est prétexte pour se retrouver autour d’un verre, tout en partageant des moments gravés à jamais et des souvenirs très divers.
– Ensuite, il y a les rencontres improbables, aussi bien avec des « marins » exerçant des métiers qui auraient fait que nous ne nous serions jamais rencontrés qu’avec des personnes en fin de route. Ces derniers sont souvent des individus usés par le temps, avec des bateaux dans le même état qu’eux, mais avec un vécu riche et de magnifiques partages à offrir. Tous autant qu’ils sont, ils nous ont ouvert leur cœur, leur joie et leur tristesse sans retenue, et je n’ai jamais vécu de moments aussi forts et intenses que ceux-là.
Et puis, il y a les autres, ceux qui vivent dans un monde que notre vie de sédentaires ne nous aurait jamais permis de côtoyer, avec qui nous avons également eu de grands partages. Je pense essentiellement à notre ami Olivier de Kersauson, que nous avons eu le plaisir de rencontrer à de nombreuses reprises.
Nous avons passé des matinées, voire des journées entières, à discuter et à philosopher de tout et de rien, avec ses magnifiques répliques.
– Des contraintes administratives et autres
Suivre l’évolution réglementaire requiert un peu de vigilance, celle-ci peut aussi changer en fonction des pays que vous visitez.
Certains pays sont beaucoup plus casse-tête que d’autres.
Vivre au contact de la nature implique aussi d’apprendre la patience. Trop de vent ou pas assez, l’attente jusqu’à la prochaine fenêtre météo pour rallier votre destination peut être longue. Parfois, il faut même patienter jusqu’à la bonne saison. Et une fois en route, un voilier de 12 mètres ne va pas beaucoup plus vite qu’un vélo. Mieux vaut donc avoir du temps devant soi … Et en cas de mauvais temps, pas question de mettre le clignotant ou de s’arrêter, il faut gérer au moment « T » le vent, la pluie, la mer qui se lève, les orages ou la fatigue. Ne surtout pas s’imposer un calendrier ; celui-ci devient inutile, voire impossible à suivre, et les rendez-vous à telle date deviennent à chaque fois une galère, avec tous les risques que cela impose, car il faut, malgré tous les mauvais signes, naviguer.
– Une promiscuité parfois difficile
La cohabitation en continu dans un espace réduit nécessite une bonne entente et une bonne organisation pour éviter les conflits.
La vie sur un bateau implique un espace limité.
Apprendre à maximiser l’utilisation de chaque centimètre carré devient une compétence essentielle. Une des règles de base sera d’être vigilant au rangement et de bien garder de l’ordre à bord. Ceci est non seulement un gage de bonne entente, mais aussi de sécurité à bord. Mais après quelques semaines à bord, chacun prendra assez vite ses marques et ses habitudes.
– Gestion des ressources à bord
La gestion des ressources est un point primordial à bord. La nourriture, l’électricité, le carburant et l’eau potable présentent des contraintes techniques et réglementaires. On apprend très vite à se limiter et à ne pas dépenser ; l’eau est une partie très importante, et même si on apprécie chaque jour une douche, on minimise le temps.
– Le Budget
Bien sûr, cela a aussi un coût, comme une maison ou une voiture, et il y a toujours quelque chose à contrôler ou à revoir. Comme vu précédemment, l’air humide et salin vieillit et détruit beaucoup plus rapidement tout matériel, et l’électronique souffre vite. Ce qui coûte le plus cher, c’est un bateau inhabité qui reste au port et ne navigue pas ! On a coutume de dire qu’un bateau coûte annuellement environ 5% de son prix d’achat. La principale règle d’or pour la maintenance est la suivante : À petit bateau, petits soucis ; gros bateau, gros soucis…
Aussi spectaculaire soit le milieu marin, il est agressif pour le matériel. Du yacht de luxe au dériveur, les propriétaires de bateaux connaissent tous cette interminable liste des travaux de maintenance à effectuer. Il en va de leur sécurité.
Aux frais d’entretien s’ajoutent les coûts d’une place pour ceux qui souhaitent profiter du confort d’une marina. À moins de disposer d’un budget conséquent, la débrouillardise et les compétences techniques sont indispensables pour vivre sur un bateau.
En résumé : un bateau représente une promesse de liberté, essentiellement celle de se déplacer de pays en pays. Lorsque l’appel du large se fait trop fort, il n’y a qu’à larguer les amarres et mettre le cap sur une nouvelle destination. Il ouvre l’accès par voie d’eau à des endroits privilégiés qui peuvent devenir votre adresse pour un temps. En cabotage, la lecture du paysage depuis votre cockpit offre une vision unique des côtes. Et en navigation, votre esquif vous place au premier rang des spectacles offerts par les milieux marins.










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